Au palais des Papes, les fresques masquées par un siècle de caserne
Il y a 120 ans, le palais des Papes changeait de visage. En septembre 1906, les dernières troupes militaires quittent le monument avignonnais pour la caserne Chabran. Leur départ ouvre la voie au dégagement des décors peints, longtemps dissimulés sous des aménagements de caserne.
Après la Révolution française, le palais avait perdu sa fonction religieuse. Les casernes avignonnaises y sont regroupées dès 1810-1811 et l’édifice est progressivement transformé en caserne du génie. De 1881 à 1900, un régiment d’infanterie y stationne sous le nom de caserne Duprat.
Des murs gris et des salles divisées
Pour loger les soldats, les grandes salles du palais sont divisées en trois niveaux de chambrées. Des cloisons et des planchers sont installés, tandis que les murs reçoivent des badigeons gris. Ces couches recouvrent notamment des fresques du XIVe siècle commandées par Clément VI.
Dans la chapelle Saint-Martial, Matteo Giovanetti dirige des peintres venus de toute l’Europe. Les scènes de la vie du saint y sont réalisées en 1344 et 1345, en une composition qui se lit de la voûte vers le bas. Au XIXe siècle, certaines peintures ne sont plus visibles qu’à travers des trous percés dans les planchers.
Cinq années pour dégager les décors
Après le départ des militaires, les badigeons gris sont retirés de 1906 à 1911. La restauration concerne ensuite les chapelles Saint-Jean et Saint-Martial, la chambre du Cerf et l’Audience. Dès 1907, la rénovation des salles de la Grande Audience est engagée, tandis que les bâtiments militaires sont progressivement supprimés.
La chambre du Cerf, ancien cabinet de travail de Clément VI, présente des scènes de chasse et de pêche. Les chapelles Saint-Jean et Saint-Martial conservent les cycles peints par Giovanetti. L’intégralité des fresques de la chapelle Saint-Martial est restaurée en 2014.
Source : sciencepost.fr



